Réfugiés en Libye, le partenariat de la honte

Réfugiés en Libye, le partenariat de la honte

Réfugiés en Libye, le partenariat de la honte

Le choc des images d’hommes, de femmes et d’enfants vendus aux enchères sur les marchés libyens ont mis en lumière la situation chaotique en Libye. L’État libyen est en faillite totale, incapable de gérer dignement une explosion des flux migratoires qui a lieu dans la région et ce chaos, nous le savons, profite d’abord aux trafics d’êtres humains.

La route méditerranéenne vers l’Italie, et donc vers l’Europe, est devenue l’unique moyen de passage de ces réfugiés qui fuient guerres et famine. L’Union européenne a honteusement conclu l’accord de Malte en 2017 afin d’“endiguer les flux illégaux” et de “casser le modèle économique des passeurs”. Moyennant 600 millions d’euros, l’Europe s’engage à entraîner et à financer les garde-côtes et gardes-frontières libyens ainsi qu’à soutenir les camps où les réfugiés seront retenus jusqu’à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d’origine.

Ces camps légaux, financés par l’Europe, se développent désormais, avec notre aval, dans des conditions qui constituent un véritable scandale sanitaire et humain. Des personnes interceptées sur des bateaux de fortune ainsi que des personnes arrêtées arbitrairement sont parquées dans des camps et font face à des abus, tortures et privations. Les centres sont surpeuplés, les familles sont le plus souvent séparées lorsqu’elles arrivent, et le quotidien est marqué par les agressions physiques, les viols, une malnutrition aigüe ainsi que la prolifération de maladies liées aux conditions de détention.

L’objectif de l’Union européenne était d’éviter, à tout prix, l’arrivée des réfugiés sur le continent. Le résultat est que ces camps sont devenus désormais les viviers de marchands d’êtres humains. Nos traités fondateurs et nos valeurs universelles sont bafoués par ce partenariat de la honte.
Selon le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, 390 000 réfugiés sont bloqués en Libye, dont 9000 privés de liberté. A ce jour, nous recensons déjà plus de 2 200 réfugiés décédés en mer rien que pour l’année 2017.

Combien d’Aylan, gisant sur une plage italienne ou d’êtres humains vendus aux enchères sur les marchés libyens devons-nous supporter pour qu’enfin la France et la communauté internationale prennent leurs responsabilités.

XAVIER IACOVELLI

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