Loi « Asile et immigration » : Appel aux anciens socialistes de la majorité présidentielle

Loi « Asile et immigration » : Appel aux anciens socialistes de la majorité présidentielle

Loi « Asile et immigration » : Appel aux anciens socialistes de la majorité présidentielle

Le 21 février 1944, 22 membres du réseau Manouchian, résistants étrangers, furent fusillés par l’occupant nazis au Mont-Valérien de Suresnes. Cela fait aujourd’hui 74 ans que ces résistants, qui ont donné leur vie pour sauver la France, ont été exécutés. Je tiens à rendre hommage à ces femmes et à ces hommes. J’ai une pensée toute particulière pour Arsène Tchakarian, 102 ans, qui demeure le seul survivant de ce groupe d’action de résistance.

Hasard malheureux du calendrier, 74 ans après, jour pour jour, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb présente son projet de loi « Asile et immigration », dont les mesures phares provoquent déjà inquiétude et indignation dans le milieu associatif, chez le Défenseur des Droits, l’OFPRA et auprès de la Cour nationale du droit d’asile.

Ce projet de loi, qui constitue un très net recul des droits fondamentaux, instaure principalement des mesures renforcées de restrictions, et met en place un « tri » entre les réfugiés, refusant toute humanité à ces femmes et à ces hommes.

Les principales mesures auront pour conséquences, en cas d’adoption du texte en l’état, un affaiblissement sans précédent en matière de garanties des droits fondamentaux des réfugiés et exilés : réduction du délai d’appel à la Cour nationale du droit d’asile en multipliant les procédures accélérées, suppression du recours suspensif pour un grand nombre de cas de demandes d’asile… Cela signifie que certaines personnes n’auront même pas le droit de rester en France le temps que soit examinée leur demande.

La durée légale de rétention – qui n’a aucune incidence sur le nombre d’expulsion – serait également portée de 45 à 90 jours, voire 135 jours selon les cas. Outre son caractère inefficace, cette mesure disproportionnée ne fait que dégrader la condition des réfugiés qui se trouvent sur notre territoire.

En allongeant la durée de la retenue dans un commissariat de 16 à 24h (soit la même durée que le régime de la garde à vue), le gouvernement entend criminaliser les réfugiés qui fuient leur pays en guerre et/ou la misère.

Je souhaite ici réaffirmer nos principes et valeurs en matière d’accueil des réfugiés, qu’ils soient économiques, politiques ou climatiques, et déplore l’approche comptable et profondément inhumaine qui en est faite par le Gouvernement.

Deux syndicats de l’OFPRA ont d’ores et déjà déposé un préavis de grève, en dénonçant à juste titre une « confusion des genres » dans un texte qui « traite à la fois des politiques de l’asile et de l’immigration ». Je serai à leurs côtés.

Je participerai également à la manifestation organisée ce jour, place Saint-Michel à 18h30, aux côtés des associations et je serai, les 1er et 2 mars prochains à Grande-Synthe qui organisera la Convention nationale sur l’accueil et les migrations en présence d’élus, syndicats, associations et intellectuels.

La ligne rouge est franchie.

J’appelle les anciens socialistes devenus parlementaires et membres de la majorité présidentielle qui se revendiquent toujours de « sensibilité de gauche », à ne pas oublier nos combats passés pour plus de justice et de solidarité.

En responsabilité, je les appelle à rejeter massivement ce texte, qui aggrave la condition humaine de ces exilés.

XAVIER IACOVELLI

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