Nouvelle baisse des APL : serrer la ceinture des plus modestes, un sport gouvernemental

Nouvelle baisse des APL : serrer la ceinture des plus modestes, un sport gouvernemental

Nouvelle baisse des APL : serrer la ceinture des plus modestes, un sport gouvernemental

Alors que le projet de loi ELAN arrive bientôt au Sénat, le Gouvernement montre une nouvelle fois qu’il n’est pas le premier de cordée du combat contre la crise du logement en France.

Pourtant, septembre 2017 promettait de l’ambition dans ce domaine, lorsque le Gouvernement a présenté sa stratégie pour le logement. Aux espoirs d’objectifs partagés comme la relance de la construction, la rénovation et l’accès au logement s’est substituée la déception des actes.

Après s’être défaussé de sa responsabilité d’acteur principal de la construction de logement en baissant de 75% sa contribution à l’aide à la pierre ; après avoir affaibli de 70% de la capacité d’investissement des organismes HLM en grevant 1,5 milliards d’euros de leurs ressources ; après avoir baissé drastiquement les APL de 1,5 milliards d’euros en octobre 2017, le Gouvernement persiste et signe en gelant la revalorisation de l’APL qui aurait dû progresser de 1,8%. Cela signifie, pour les foyers les plus modestes, une seconde baisse de 5 euros sur leurs APL. Les bénéficiaires d'APL vont donc, en moyenne, perdre près de 10 euros d'APL tous les mois.

Cette décision injuste et brutale est plus grave encore que la baisse précédente car ce gel se répercute en pourcentage et touchera donc davantage ceux qui ont le plus besoin des APL, les plus précaires et les familles nombreuses.

Emmanuel Macron montre ses préférences et confirme l’orientation de sa politique.

La question du logement n’est, ici, vue que d’un prisme budgétaire. Elle n’est plus une question de cohésion territoriale mais plutôt la chasse gardée de Bercy. L’argent public doit être manié avec précaution – et votre sénateur en a toujours fait sa maxime – mais j’aimerais qu’Emmanuel Macron et le Gouvernement soient aussi économes quand il s’agit d’aider les plus riches lorsqu’ils suppriment l’ISF (5 milliards d’euros an) et veulent en faire de même avec l’exit tax (800 millions d’euros/an).

Édouard Philippe avait reconnu que la diminution des HLM n’était « pas intelligente ». Or la pénalisation des allocataires les plus modestes continuent.

Je tiens à le rappeler : la mal-logement touche 4 millions de personnes en France. Dans ce contexte, il est inacceptable de demander aux plus modestes de se serrer la ceinture. S’ils choisissent les inégalités, nous choisirons toujours la justice sociale.

XAVIER IACOVELLI

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