Logements sociaux : après les annonces, l’inquiétant renoncement du Gouvernement

Logements sociaux : après les annonces, l’inquiétant renoncement du Gouvernement

Logements sociaux : après les annonces, l’inquiétant renoncement du Gouvernement

Dans un entretien accordé à la Croix et publié ce lundi, Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, estime que « les objectifs à atteindre en termes de logements sociaux seront difficiles à atteindre ».

Alors que l’objectif affiché du gouvernement était la création de 10 000 logements sociaux en pensions de famille et 40 000 en intermédiation sociale par le plan « Logement d’abord », le ministre reconnait aujourd’hui que ces chiffres ne seront vraisemblablement pas atteints d’ici à 5 ans.

Les promesses faites en septembre 2017 par le Président Emmanuel Macron ne seront donc pas tenues et traduisent un cruel manque de volonté de l’Etat en faveur des plus démunis.

Les procédures administratives pour la construction des logements sociaux sont lourdes et doivent être allégées urgemment.

Je déplore qu’une fois de plus, le président de la République se limite à de belles annonces sans que jamais elles ne soient retranscrites dans les actes. Je m’étonne également de la méthode adoptée par le Gouvernement, qui présente un texte à l’Assemblée nationale, le fait voter par une majorité acquise, et annonce ensuite que les objectifs ne seront finalement pas atteints, avant même l’examen au Sénat.

Il s’agit soit d’une malhonnêteté délibérée, ou, au mieux, d’un amateurisme déconcertant.

L’essence même du Sénat est de construire la loi avec pragmatisme et responsabilité. Nous ne pouvons accepter que l’avenir du logement social soit mis à mal par une volonté du Président d’accélérer l’agenda législatif.

Je rappelle que la France compte 4 millions de mal-logés. En Ile-de-France, ce sont 8 millions de personnes qui sont éligibles au logement social.

Une telle réforme doit donc prendre le temps d’être examinée, sereinement, avec des objectifs chiffrés et réalisables.

Préserver la loi SRU, promouvoir la mixité et facilité la construction et l’accès aux logements sociaux : tels seront les enjeux lors de l’examen du projet de loi au Sénat.  En tant que chef de file pour le groupe socialiste au Sénat, je défendrai un certain nombre d’amendements qui iront dans le sens de la décentralisation, la préservation des prérogatives des maires, et l’accessibilité du logement pour les personnes de situation de handicap.

XAVIER IACOVELLI

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