Ecole de la confiance : contre un texte inadapté et inégalitaire

Ecole de la confiance : contre un texte inadapté et inégalitaire

Ecole de la confiance : contre un texte inadapté et inégalitaire

Mardi dernier, nous avons procédé au vote du projet de loi sur l’École de la confiance. A l’instar de mon groupe, je me suis opposé à ce texte inadapté mais encore durci par la droite sénatoriale. 

A l’issue d’une semaine de débats, non seulement la vision comptable et dogmatique du système éducatif du gouvernement marque toujours le texte, mais la droite sénatoriale y a introduit plusieurs dispositions inacceptables.

Le projet de loi relève d’une vision d’abord recentralisatrice et élitiste du système éducatif et non d’un projet reposant sur la confiance en ses personnels et ses structures et visant à former mieux et davantage les citoyens de demain. La mise sous contrôle d’instances jusqu’ici indépendantes reste inquiétante comme le nouveau Conseil d’évaluation de l’école (CEE) qui remplacera leConseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) et s’apparentera désormais davantage à un service du ministère qu’à un organisme indépendant.  

En séance, nous avons dénoncé notamment l’instauration purement comptable des Pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL), simple outil de gestion des accompagnants des élèves en situation de handicap, la possibilité pour les assistants d’éducation d’enseigner sans aucune formation. Les expérimentations portant sur l’annualisation des heures et sur l’orientation des élèves ont aussi été dénoncées. Il en est de même pour l’article introduit au Sénat donnant une autorité hiérarchique aux directeurs d’école sur les enseignants sans aucune concertation. 

Grace à notre mobilisation, en commission et en séance, nous avons réussi à supprimer le dispositif qui prévoyait la création « d’établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux » en regroupant des écoles et collèges, selon des modalités très vagues. Combattu par toute la sphère éducative, il risquait d’entrainer des bouleversements profonds dans la structure du système scolaire et auraient eu de lourdes conséquences pour les élèves, leurs familles, les personnels et les territoires.

La droite sénatoriale, comme souvent sur ces questions, a profité de l’examen du texte pour ressortir ses vieilles lunes comme l’interdiction de signes religieux ostentatoires pour les accompagnateurs et accompagnatrices lors des sorties scolaires (contrairement à l’avis du Conseil d’Etat), ou encore la suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes, que nous avions supprimée en 2013. La majorité sénatoriale a également aggravé le texte en y inscrivant la mise en place des contrats de mission pour les enseignants et l’obligation de formation continue « en priorité en dehors des obligations de service d’enseignement ». 

A sa sortie du Sénat, cette loi n’estpas plus acceptable qu'en y entrant. Ce texte est davantage encore marqué par une vision de l’éducation plus inégalitaire. 

XAVIER IACOVELLI

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